Archives de l’auteur : Aude

A propos Aude

La légende raconte qu’à l’automne 2012 la Française se plaignit à auprès de ses amis de sa vie trop monotone. Envie de vivre autre chose, d’améliorer son Anglais et de sortir de cette « zone de confort » bien mal nommée. L’un de ses amis lui lança : « T’as qu’à partir en Nouvelle-Zélande. » Voilà. Maintenant elle écrit des bêtises ici et encore plus sur Twitter : https://twitter.com/wasabi_kiwi

De l’art de raconter sa vie à cause d’un Liebster Award

Margot de Mar’go on the road a décerné un Liebster Award à ce blog.
Mais qu’est ce que c’est donc que ce truc-là ? Serait-ce un prix pour le blog le plus silencieux de la blogosphère ? Ça se mange ?

liebster Award

Dommage, mais non.
Le but du Liebster Award est de mettre en avant des blogs préférés, peu ou pas assez connus et de les faire découvrir en amenant les blogueurs à se dévoiler un peu.

Habituellement je ne suis pas fan de ce genre de chaîne et c’est un euphémisme. Et à qui en decerné ensuite à mon tour ? Je lis finalement peu de blogs voyages méconnus.
Mais Margot m’a convaincue que c’était un bon moyen de vaincre l’angoisse de la page blanche qui sévit actuellement sur ce blog. Je prends donc cet award comme un exercice de style.

Les 6 règles à respecter sont les suivantes:

1- Écrire 11 choses sur soi.

2- Répondre aux 11 questions de la personne qui vous a nominée,

3- Taguer 11 blogs qui comptent moins de 200 abonnées facebook et leur poser 11 questions,

4- Mettre le lien vers leurs blogs sur l’article,

5- Les tenir au courant de leur nomination,

6- Informer la personne qui vous a nominée que vous avez rempli votre tâche.

Maintenant il ne me reste plus qu’à suivre les règles.

Onze trucs sur moi (dont vous vous contrefoutez)

1. Je suis partie en Nouvelle-Zélande grosso-modo parce que Poulpy m’a dit de le faire.

2. Mes parents ont d’abord cru que c’était une blague.

3. Mes potes aussi d’ailleurs.

4. Du coup histoire d’aller au bout de ma connerie légendaire, je me suis faite faire des mèches vertes une semaine avant de prendre l’avion. Le coiffeur m’a demandé « Pourquoi vertes ? » Je luis ai dit « Parce que je pars en Nouvelle-Zélande ». Ça lui a plu et il a fait un travail plutôt sympa.

C'est marrant, hein ?

C’est marrant, hein ? Dommage, ça ne dure pas plus de trois semaines.

5. Pendant que mes cheveux se faisaient décolorés/recolorés, j’ai failli tourner de l’œil parce que je n’avais pas assez mangé le matin et qu’il était quand même 13h. L’équipe du salon de coiffure, très sympa, m’a fait réchauffer des restes de leur repas de midi : pâtes avec des boulettes de bœuf, le tout fait maison. C’était très bon.

6. A l’aéroport, en voyant ma tête à moitié verte, ma pote m’a traitée d’ado de 15 ans. En Malaisie c’était en revanche très pratique pour engager la conversation
« – C’est la mode du moment à Paris ?
– Heu non… enfin je sais pas. J’ai juste fait ça comme ça. »

7. La première chose que j’ai mangé en Nouvelle-Zélande fut un Whooper chez Burger King. $5.

8. Je trouve que le stop en Nouvelle-Zélande est un must-do. On rencontre plein de gens à qui on raconte sa vie en croyant qu’ils sont captivés par ce que vous dîtes. La preuve, ils vous disent sans arrêt « Your English is pretty good ». Avec du recul on comprend qu’on a un accent et une syntaxe toujours aussi pourris, que l’on est à peine compréhensible. On découvre par la même que les Kiwis sont adorables (version bisounours) ou hypocrites (version Schtroumpf Grincheux). En tout cas ils sont globalement plus avenants que l’automobiliste français moyen.

9. Porter une alliance m’a permis d’écourter des conversations que je n’aimais pas pendant certains lifts. Le problème c’est que ça peut aussi écourter les lifts en question. Au moins les choses sont claires… Pas grave.

10. Maintenant que j’ai une voiture qui roule (et qui s’appelle Célestine) c’est moi qui prends des auto-stoppeurs.

Célestine se la coule douce.

Célestine se la coule douce du côté du Parc National d’Abel Tasman

11. Quand je serais grande je serais hôtesse de l’air sur Malaysia Airlines. Juste pour avoir le même joli uniforme classe et coloré.

Ce jour-là les hôtesses avaient oublié le sourire au vestiaire. Mais c'était joli quand même.

Dommage, quand j’ai voyagé avec Malaysia Airlines, les hôtesses avaient oublié leur fou rire au vestiaire.

Les questions que Margot me pose

1- Quel est le lieu qui t’apaise ?

Les collines de l’arrière pays marseillais et le Massif des Aravis, en Haute-Savoie.

2- Quelle est ta destination de rêve ?

Pas une unique destination de rêve, mais une foultitude d’endroits où j’ai vraiment envie d’aller. La wish-list pour les années à venir :

– Retourner en Allemagne et en particulier à Berlin, Nuremberg (cité médiévale réputée),
– La Belgique et notamment Bruxelles,
– La Réunion : ça fait longtemps que j’en parle, faudrait peut-être se décider à y aller,
– La Mongolie : faire un trek à cheval dans les steppes,
– L’Islande : voir des aurores boréales, de la lave en fusion, enchaîner les festivals de musique,
– L’Argentine : apprendre le tango à Buenos Aires dans une ambiance enfiévrée, voir le travail des gauchos dans la pampa (amis du cliché, bonsoir !),
– Prague : parce que ça a l’air magnifique,
– Le Cap vert : dans les pas nus de Césaria.

3- Quel est ton livre préféré et pourquoi ?

Là comme ça j’ai envie de répondre 1984 de George Orwell. Flippant car terriblement lucide dans son analyse de ce qui détruit l’Homme. Mention spéciale sur la réflexion de la place du vocabulaire dans la construction de la pensée. Flippant vous dis-je.

Donc rien à voir avec le voyage et la Nouvelle-Zélande, mais comme on me l’a demandé…

4- Quel objet emportes-tu avec toi à chaque voyage ?

Cela change selon les voyages, les saisons etc., mais on va dire une bonne carte routière. Ainsi que des chaussures polyvalentes, genre chaussures de marche basses. Et de la crème solaire, toujours. Et un raton-laveur.

5- Quel métier voulais-tu faire quand tu étais petit(e) ?

A l’époque on te disait « Tu fera tout ce que tu voudra quand tu sera grande. Faut juste bien travailler en classe ». Donc je me suis pas privée de vouloir plein de choses. Dans l’ordre chronologique (à peu près) :
– Pompier les jours pairs et garde-forestière les jours impairs (oui, je sais…),
– Dresseuse de lions et d’hippopotames dans un cirque,
– Créatrice de jeux de sociétés,
– Palefrenière ET vétérinaire,
– Égyptologue,
– Journaliste,
– Documentaliste-iconographe pour Sciences et vie junior.

6- Quels sont les pays où tu souhaites voyager en 2014 ?

On va bien profiter de la Nouvelle-Zélande et ce sera déjà pas mal.

7- Qu’est ce qui t’a donné envie de voyager ?

En partie les souvenirs de voyage de ma tante.
A la charnière des années 70-80, elle est partie un an en Asie, sur un coup de tête. De ce grand voyage hippie style, elle a ramené une vraie malle aux trésors : tissus, encens, papiers de riz, objets liturgiques bouddhistes et autres nécessaires à thé. Remisés dans le grenier des grands-parents, cette malle et son contenu ont largement été utilisés dans les jeux de la génération suivante. Forcément ça laisse des traces et je ne parle pas que de l’usure accélérée que nous avons occasionné aux soieries.

8- Si tu étais un personnage de dessin animé, qui serais-tu et pourquoi ?

Ne le répétez pas mais j’ai toujours rêvé d’être Ashitaka, le héros du film Princesse Mononoké. Un jeune et beau guerrier solitaire dévoré par une malédiction et cherchant à reconstruire un équilibre fragile.

9- Quel lieu rêverais-tu de découvrir ?

L’endroit où j’ai égaré mon couteau-suisse la semaine dernière. Impossible de remettre la main dessus. Je me demande bien où/à qui j’ai pu le laisser…

Si quelqu'un le voit passer dans la rue, qu'il me fasse signe via le blog ou Twitter.

Si quelqu’un le voit passer dans la rue, qu’il me fasse signe via le blog ou Twitter.

10- Quel est ton dessert favori ?

En ce moment les short breads. Ceux de la marque Pam’s sont à se damner. Environ $3,50 le paquet (parfois $2,80 en promo chez Pack’n’Save). Avec du lemon curd par-dessus c’est le paradis pour vos papilles et l’enfer pour votre régime minceur.

11- Dans quel pays pourrais-tu vivre ?

Au sujet de la Nouvelle-Zélande, je ne peux pas encore dire quoi que ce soit. J’y suis pour un an et dans un premier temps je découvre ce magnifique pays en tant que voyageuse itinérante. J’attends de voir comment ça va se passer en y étant sédentaire.
Parfois je me dis aussi que j’aimerais bien rester un certain temps à Berlin.
Et sinon la France, c’est quand même pas mal. En en parlant avec des Kiwis je me rends compte à quel point je connais mal mon propre pays. Peut-être qu’après avoir roulé ma bosse ce sera finalement là où je me sentirai le mieux, un peu comme Ulysse ? (Big Up pour Joachim.)

Les questions (fourbes) que je pose aux autres blogueurs

1/ Sauce soja ou sauce arachide ?

2/ Quel était le poids de tes bagages au départ de ton dernier voyage ?

3/ Et à la fin ?

4/ L’auto-stop : avec ou sans pancarte indiquant ta destination ? (Si tu ne pratiques pas le stop toi-même, dans quel cas prendrais-tu plus facilement un auto-stoppeur ?)

5/ L’auto-stop, toujours : acceptes-tu de mettre ton sac dans le coffre de la voiture ? (Si tu ne pratiques pas toi-même, que ferais-tu avec le sac d’un auto-stoppeur?)

6/ J’ai du mal à renouveler ma playlist. Quel groupe/artiste as-tu découvert en voyage ?

7/ La compagnie aérienne sur laquelle tu as le mieux mangé : laquelle était-ce et qu’est ce que l’on t’as servi.

8/ As-tu déjà eu un bon gros coup de flip en avion ? Raconte. (Si tu ne prends pas l’avion, le bateau ou la charrette à bras feront l’affaire.)

9/ En voyage, combien de jours consécutifs as-tu déjà porter la même paire de chaussettes sans la laver ?

10/ Pourquoi voyager ?

11/ Quelle langue aimerais-tu apprendre ? (Langues imaginaires acceptées. Ex : Elfique, Klingon, Haut Valyrien, Schtroumpf, etc.)

Les onze pauvres blogeurs qui vont devoir répondre à mes questions :

1- Into my wild : Un haut-savoyard amoureux de la randonnée légère. Beaucoup de conseils techniques et de courses.

2 – From Yukon : Cédric m’a traumatisée avec son histoire d’écouillage d’agneaux. A part ça il fait des billets intéressants sur la Nouvelle-Zélande et le monde du visa vacances-travail.

3 – Le tourista : Jérémy fait un tour du monde et publie des photos de gens et de paysages. Très sympa à regarder.

4 – Miss voyageuse : Parce qu’à onze ans on peut déjà avoir vu beaucoup de choses et avoir plein de trucs à dire.

5 – 2 hands + 1 backpack : Stéphanie, auto-stoppeuse et sourde qui démontre que les principal handicap sur la route est celui qu’on a dans la tête.

6 – Détour du monde : Déjà présenté, le blog d’Antoine D’Audigier Empereur. A ne pas confondre avec Antoine de Maximy de J’irai dormir chez vous. A côté de ce que fait cet Antoine-là, De Maximy c’est un peu de la rigolade.

7 – Pourquoi-Pas ? : Je triche, ce n’est pas un blog 100% voyage. Chez Ludo on trouve aussi des conseils en photographie, des machins pour les amoureux de la petite reine et plein de trucs de geek.

8 – Tooshbrush nomads : Après un PVT en Australie et un à Kiwiland, Stéphanie (une autre) est devenue une pro du visa vacances-travail au sens propre du terme. Elle n’est pas méconnue (je triche encore) mais ses conseils méritent d’être largement partagés.

9 – Geek World Tour : Ce voyageur-là est parti de France le 42ème jour de l’année et prouve que ce n’est pas parce qu’on est geek qu’on reste enfermé chez soi.

10 – Journaux de voyage : Après le cercle polaire, Emmanuel randonneur et auto-stoppeur découvre les paysages awesome de la Nouvelle-Zélande.

11 – Mondalu : Lucie, bientôt en Nouvelle-Zélande et déjà pas mal de kilomètres derrière elle.

12 – Prix spécial ! Parce qu’on est pas à un près (et parce que je l’ai très bêtement oublié alors que je le suis sur Twitter et que j’aime bien ce qu’il raconte), j’ajoute Le Duc à Wellington !

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Coup d’oeil dans le rétro : retour sur le séjour en Malaisie

Le 12 septembre, Charline et moi avons décollé de Paris direction Kuala Lumpur, capitale de Malaisie, première étape du voyage avant l’arrivée en Nouvelle-Zélande, le 2 octobre. En 18 jours, nous avons fait une boucle de Kuala Lumpur à Kuala Lumpur en passant par Singapour.

  •  Kuala Lumpur, 2 jours

En adeptes du Couchsurfing, nous arrivons chez Khizanif homme d’affaire d’une quarantaine d’années, vivant à une dizaine de kilomètres du centre de KL. Khizanif se charge de nous faire un accueil gastronomique mémorable, notamment dans un restaurant de fruits de mer. Ça tombe bien, manger tout ce qui ce peut l’être, ou presque, était l’un de mes objectifs personnels en Malaisie.
La ville de Kuala Lumpur en elle-même ne nous a pas emballées. Sans doute le choc du climat chaud humide de la Malaisie, le jet-lag (6h), mais aussi la confrontation avec une ville faite de buildings vertigineux, d’une circulation folle, d’une quantité de publicités à vous en donner la nausée… Sans doute sommes-nous restées trop dans le centre de la ville elle-même et aurions dû consacrer une journée à l’exploration de ses alentours.

Kuala Lumpur de nuit. Dans le fond les Petronas Towers

Kuala Lumpur de nuit. Dans le fond les Petronas Towers.

  • Malacca (Melaka en malais), 3 jours

Ville au passé riche et à l’architecture intéressante. Gros coup de cœur pour le quartier historique « Chinatown » et ses bâtiments rouges, parfois classé au patrimoine de l’Unesco, parfois pas. Apparemment ce serait selon les années, je n’ai pas tout compris.

Dans les rues du "Chinatown"

Dans les rues du « Chinatown » de Malacca.

Côté découvertes culinaires, j’ai testé des pâtisseries au durian. (Un jour, quand j’aurai réussi à les monter, je publierai les vidéos-test des dites pâtisseries) et le chicken riceball, spécialité locale.

Chicken & rice balls, une spécialité de Malaka

Chicken & rice balls, une spécialité de Malacca

Beaucoup d’activités sympas et de rencontres avec d’autres voyageurs de la guest house, établissement hautement recommandable pour sa convivialité. Entre le volley et le vélo de nuit au bord de la mer à Malacca et manger du poulet tandoori (avec un rapport qualité/prix imbattable), les soirées s’écoulent trop vite et nous regrettons de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Nous avons aussi fait comme 90% des touristes du coin :  un tour en trishow avec un guide s’exprimant dans un anglais très approximatif et un accent à ôter tout complexe à un Français.

Trishow patriote dans les rues de Malacca

Trishow patriote dans les rues de Malacca

    • Johor Bahru, 1 jour

Johor Bahru, ville frontière entre la Malaisie et Singapour, est l’exemple même d’étape non prévue dans un programme mais qui se révèle finalement  très sympa.  Alors qu’à Malacca nous n’arrivions pas à trouver un contact de couchsurfing à Singapour, j’entre par hasard en contact avec Antoine, via Twitter. Ce jeune voyageur réunionnais, ancien étudiant en cinéma, n’avait pas posé son sac à dos depuis trois ans et venait justement de choisir de se sédentariser à Johor Bahru. Il nous propose de nous héberger lors de notre passage dans la région.
Cette rencontre avec quelqu’un qui a autant voyagé et vécu de d’expériences incroyables fait beaucoup de bien. Ces discussions n’ont fait que renforcer mon impression qu’en voyage indépendant le champ des possibles est plus large qu’on ne le pense. Pas mal de culot mais aussi d’attention à ce qui nous entoure et une vraie envie de découvrir l’autre ouvre beaucoup de portes, au sens propre comme au figuré. Le lendemain de notre arrivée, nous laissons une bonne partie de nos affaires chez Antoine et prenons la direction de la frontière avec Singapour.

Concernant la ville de Johor Bahru elle-même, on peut dire qu’elle a pour principal intérêt de permettre, là encore, de s’éclater culinairement sans se ruiner et de loger à proximité de la frontière. En dehors de cela nous n’avons rien perçu de très emballant. L’impression d’une ville-frontière type, sorte de banlieue moyennement proche d’un pays plus riche, sans charme et avec un taux de criminalité un peu plus élevé qu’ailleurs en Malaisie. Mais un voyage au pas de charge comme l’était le nôtre ne permet pas souvent d’aller au-delà des apparences et sans doute avons nous loupé des choses.

  • Singapour, 2 jours :

Pour moi, Singapour ressemble à Kuala Lumpur, en mieux. Cette ville/état/île est elle aussi une véritable course à qui aura le plus gros building, mais elle offre par ailleurs une végétation abondante qui permet de ne pas ressentir l’étouffement de Kuala Lumpur.

Des voitures, des buildings et beaucoup d'arbres gigantesques.

Des voitures, des buildings et beaucoup d’arbres gigantesques.

Pour reprendre les propos d’Antoine à ce sujet, Singapour peut donner l’impression d’une ville telle que celles décrites dans certains romans de science-fiction : un mélange subtil de végétation luxuriante et de développement technologique de pointe. Par ailleurs, la mixité culturelle et religieuse semble mieux fonctionner ici qu’en Malaisie.

Du coup, Charline et moi ressentons une impression de cage dorée du au fait qu’il s’agit d’un état polissé/policié. Tout parait propre, étudié, sous contrôle. Caméras de surveillance omniprésentes, vigiles et policiers en quantité, rien n’est laissé au hasard dans cette ville ultra moderne vraie fleuron du capitalisme. Les prix sont sans comparaison avec ceux pratiqués en Malaisie et quasiment équivalents à ceux que l’on connaît en France et en Nouvelle-Zélande.
Tout se passe plutôt bien dans ce véritable meilleur des mondes, jusqu’à ce qu’en fin de journée, l’hôte avec qui nous avions un contact nous apprenne qu’elle ne pourra finalement recevoir qu’une personne et non deux. Étant donné qu’il est hors de question pour nous de se séparer, nous nous retrouvons donc à 19h dans les rues de Singapour, sans point de chute ni l’envie de se payer une nuit en guest house.

Comme la ville nous donne vraiment l’impression d’être en sécurité, nous passons en mode « J’irai dormir chez vous à Singapour » : nous démarchons directement des personnes dans la rue pour trouver quelqu’un acceptant de nous héberger pour une nuit.
D’abord très timides et maladroites dans l’approche (entre autre à cause d’une méconnaissance totale de la culture locale et l’impression d’être en total décalage avec l’ambiance de la ville), nous finissons par tomber sur un joyeux groupe de jeunes gens de diverses nationalités (chinoise, malaise, singapourienne). Cette fois-ci nous commençons par nous présenter, nous et notre voyage (leçon n°1 : montrer que nous ne sommes pas dangereuses), avant d’expliquer que nous cherchons à dormir chez l’habitant. En un coup de téléphone ils nous mettent en contact avec un ami à eux : Franck, trader français pour la Société Générale vivant ici en colocation.
Le chemin est long et compliqué pour atteindre cette nouvelle terre promise et  vers 23h nous arrivons chez Franck. Puantes d’avoir arpenté une bonne partie de la ville dans la moiteur sud-asiatique, mais néanmoins heureuses d’avoir trouver aussi facilement des gens suffisamment ouverts généreux  pour accepter de faire entrer chez eux deux parfaites inconnues. Franck et les autres, si par le plus grand des hasards vous lisez ces lignes, merci encore de nous avoir accueilli dans votre loft.
Le lendemain, reposées et propres, nous décidons de prendre le temps de faire ce que nous n’avons pas pu faire la veille et de repartir en milieu d’après-midi en direction de Johor Bahru.

Après la douane singapourienne, nous nous retrouvons à pied sur le pont reliant l’île de Singapour au continent. Une erreur de signalisation et d’aiguillage.
Au tiers du pont, le trottoir pour piétons s’arrête brusquement.


Agrandir le plan

(La flèche verte indique le pont que nous étions sensées traverser en cage à poulets bus et que nous avons finalement traversé à pied.)

Avec d’autres personnes pris au même piège de la signalisation, nous avançons en file indienne, tantôt frôlés par la circulation filant à à vive allure, tantôt doublant de longue files de véhicules coincés dans les bouchons. Nous essayons de faire du stop au milieu des émanations des pots d’échappements. Histoire de nous galvaniser un peu et de tenter de nous attirer la sympathie des automobilistes, nous jouons de notre principal atout : la french touch. Ce qui se résume à brailler du Piaf et du Brassens pour couvrir le brouhaha de la circulation. Sans succès. Nous arrivons néanmoins saines et sauves chez Antoine.

  • Pulau Perenthian, 3 jours

Initialement il était prévu que l’on fasse une halte à Cherating et qu’on y loge en couchsurfing, mais suite à différents imprévus nous enchaînerons finalement les bus (frigorifiques) en compagnie d’un couple de Français. Objectif : monter directement vers les îles Perenthian.
Après une nuit quasi-blanche (merci la clim…) nous arrivons à l’embarcadère de Pulau Perenthian au petit matin. A l’aube, cette séance de tape-cul dans le bateau et d’embruns dans la figure nous réanime à tel point que ça en est presque euphorisant.

Arrivée à l'aube aux îles Perenthian

Arrivée à l’aube aux îles Perenthian

Nous resterons en tout trois jours sur la plus petite des deux îles de Perenthian, entre eaux scintillantes et plage de sable blanc.
J’en profite pour faire l’attraction locale : une virée palme-masque-tuba dans quelques spots très touristiques mais néanmoins paradisiaques. Tenter de courser de jeunes requins, s’esquinter le mollet sur un récif (marque encore présente à ce jour) et surtout nager sur une dizaine de mètres accrochée à une tortue placide, relèvent quasiment du rêve de mioche exaucé. Durée : environ 3h. coût : 40 RM, soit un peu moins de 10€, le prix d’une place de ciné en France. Imbattable.

Ce qui fut nettement moins sympa est ce qui tomba dès notre retour sur le continent. Charline reçoit une très mauvaise nouvelle personnelle de France.
Pendant un temps, elle restera dans l’idée de tout de même poursuivre le voyage, en Malaisie et surtout en Nouvelle-Zélande. Or cette difficulté venant s’ajouter à d’autres déjà bien lourdes, elle décidera dans les jours suivants de rentrer en France.

  •  Cameron Highlands, 3 jours

L’étape suivante fut les Cameron Highlands, réputées pour leurs randonnées et ses cultures de thé.

Du thé, du thé et.. du thé.

Du thé, du thé et.. du thé.

La température est elle inversement proportionnelle à l’altitude. Une bénédiction pour moi, trop brutal pour Charline. Pendant 2 jours nous tenterons de faire rembourser l’intégralité des prix des billets d’avion de Charline. Mais les assurances ne couvrant pas correctement son cas, elle n’aura qu’un remboursement très partiel ne sera pas remboursée et devra même payer en plus, ce qui rendra son retour encore plus difficile à avaler.

  • Kuala Lumpur, encore, 2 jours

A Kuala Lumpur, nous sommes hébergées par Fazz, malais de 29 ans, insomniaque et joueur de ukulélé.

KL_Fazz_web

Fazz, un super hôte couchsurfing.

Il parachève notre découverte de la cuisine malaise et aide à adoucir un peu le retour de Charline en France. Nous testons pour la première fois la baignade en piscine semi privée, toutes habillées, mœurs locales obligeant.

Au détour d'un jardin, un groupe de jeunes filles nous sautent dessus pour faire des phtoos de groupe. L'exotisme est une question de point de vue

Au détour d’un jardin, un groupe de jeunes filles nous sautent dessus pour faire des phtoos de groupe. L’exotisme est une question de point de vue

Une journée de visite de Kuala Lumpur, du quartier indien et des jardins à côté desquels nous étions passées (au sens propre et figuré) et Charline monte dans son avion. Je reste encore un jour à Kuala Lumpur avant de prendre le mien pour Auckland et entame dés ce moment mon voyage en solo, deux mois plus tôt que prévu.

A la Sentral Station de KL qui assure la correspondance train-avion :

Enregistrement du bagage. Le préposé : « Auckland, New Zealand ? » Répondre bêtement avec la banane « Oh yeaaah ! »

— Wasabi dans le kiwi (@wasabi_kiwi) 30 Septembre 2013

 

Comment je me suis faite arnarquer par le Backpacker Car World d’Auckland

Mise à jour de février 2014 :
Après plusieurs mois de bataille acharnée, Backpacker Car World a finalement consenti à me rembourser intégralement. Fin de l’histoire pour moi, a priori. Pour eux, je ne sais pas.

Quelques nouvelles après un mois et une semaine en Nouvelle-Zélande.
Je suis bien arrivée, ai vu plein de chouettes trucs et surtout rencontré des gens géniaux. Mais voilà, les choses ne se passent pas comme prévu et je suis à l’heure actuelle toujours à Auckland, bien occupée. La faute à une mésaventure dont je me serais bien passée.

Comme beaucoup de français(e)s arrivant en Nouvelle-Zélande avec un visa vacances-travail, j’avais envie de faire le tour de l’archipel de façon autonome, en van. J’ai atteri à Auckland début octobre et les recherches ont immédiatement commencé. Objectif : trouver un véhicule pas trop cher, fiable et disponible rapidement.
Mais à cette période de l’année les prix s’envolent. Les vendeurs, qu’ils soient professionnels ou particuliers, savent que la demande est particulièrement forte et que les voyageurs n’hésitent pas à dépenser pas mal d’argent pour avoir leur propre van.

Le Backpacker Car World d’Auckland est un carmarket situé à côté de K’Road, au 19 East Street. Il bénéficie d’une large publicité dans la plupart des auberges de la ville et attire une clientèle souvent jeune, étrangère, qui a envie de partir en road-trip vite fait bien fait. Ce carmarket propose aussi d’autres services pour faciliter la vie des backpackers (assurances, prise en charge des formalités, etc.).

Le logo du car market "Backpacker Car World"

Le logo du car market « Backpacker Car World »

Comme d’autres avant moi, après avoir vu un certain nombre de vans de particuliers me passer sous le nez je me suis décidée à aller y faire un tour.  Rapidement on se rend compte qu’au 19 East Street la plupart des véhicules sont vendus bien plus cher que leur valeur réelle. Mais on se dit qu’on pourra toujours négocier le moment venu. L’affluence constante de potentiels acheteurs rassure un peu; l’endroit semble connu et attire du monde.
Au milieu des voitures et campervans garés à la vas-y comme je te pousse, je trouve une Toyota Estima (grand monospace) de 1992. Le compteur affiche 250000 kms, ce qui est énorme pour les yeux d’une française bien que courant en Nouvelle-Zélande. De plus la voiture est vendue avec à peine le minimum pour vivre dedans (support pour le matelas, literie basique et puis c’est tout). Le prix est donc très supérieur à ce que je suis prête à payer pour un tel véhicule ; il sera toujours temps de le discuter plus tard. L’Etisma a passé le contrôle du WOF (warrant of fitness) récemment ce qui est de bonne augure. Un rapide tour du quartier à son bord ne révèle rien de d’inquiétant.

Avant de passer à l’achat, je demande tout de même qu’il passe un “mechanical inspection” chez un garagiste pour connaître son état réel. C’est une pratique fréquente et conseillée avant une transaction et elle permet normalement d’éviter les mauvaises surprises. Il se trouve que le carmarket est directement adossé à un garage, K Road motors, à tel point qu’il est difficile d’identifier quel espace appartient quelle entreprise (on pourrait même croire qu’il ne s’agit d’une seule et même boîte, ce qui est loin d’être anodin). Pour plus de facilités le vendeur du Backpacker Car World me propose d’y faire faire le checking – pour 160$, un prix très élevé pour le marché – en me montrant une grille de contrôle qui a l’air assez exhaustive. Ne connaissant pas d’autre garagiste à Auckland j’accepte le deal.

Deux jours plus tard, l’inspection mécanique révèle un certains nombre de problèmes, certains importants (problèmes d’axes, de suspension, fuites diverses) et d’autres plus secondaires. Étonnant pour un véhicule qui a un WOF valide jusqu’en février 2014.

Un ami plus calé que moi en mécanique, me dit que si ces avaries sont réparées le véhicule pourra “faire le job”. Martin, le gérant du carmarket, précise qu’ils ont l’obligation légale de réparer ce qui est critique avant la vente, maintenant qu’ils en ont connaissance. Je négocie le prix de vente à 3900$ (contre les 4300$ absurdes initialement demandés) et Martin me dit que le coût des réparations sera compris dedans. Je verse un acompte et il me téléphonera dès que la voiture sera disponible, d’ici environ une semaine.

La Toyota chez le garagiste, théoriquement en cours de réparation.

La Toyota chez le garagiste KRd Motor, théoriquement en cours de réparation.

Après avoir attendu dix jours, je téléphone au Backpacker Car World. On me dit que le véhicule est prêt. Je verse en deux fois le prix restant à payer et fais les démarches pour le mettre en conformité avec la loi (changement de propriétaire, etc.) et je pars au volant de mon monospace fraîchement acquis.

Les problèmes sont apparus dans les 24 heures qui ont suivis. Problèmes de parallélismes et de suspension sur la route, le pot d’échappement qui fume, des difficultés à repartir après s’être garée dans l’herbe, la fenêtre côté conducteur qui rend l’âme, les serrures qui sont très difficiles, la fermeture centralisée HS, etc.

Sur le conseil d’une amie je fais passer à la Toyota un second contrôle à un garage qui a sa confiance. Après une inspection approfondie (pour 80$ seulement) le bilan fait apparaître que la plupart des réparations annoncées par Backpacker Car Wolrd et Krd Motors n’ont pas été effectuées, notamment parce que certains problèmes n’étaient tout simplement pas réparables. Ce que ni Martin de Backpacker Car World ni Krd Motors ne m’ont jamais dit.
En sus, il y a d’autres problèmes importants qui n’ont pas été notifiés par Krd Motors. Logan, le garagiste de ce contre-contrôle, dit que le véhicule n’aurait jamais du avoir le WOF et qu’il ne faut pas hésiter à en avertir le New Zealand Transport Agency (n° : 0800 699 000). Il me conseille de demander un remboursement pur et simple à Martin du carmarket et de commencer par un coup de fil  au Motor Vehicle Disputes Tribunal (n° : 0800 367 6838).
L’un des bons côtés de la Nouvelle-Zélande c’est d’avoir des institutions spécialisées sur ce type de contentieux. Institutions qui ont de surcroît la réputation d’être rapides. La personne du tribunal jointe au téléphone a dit que la situation est relativement claire pour eux et qu’on peut espérer que, si la discussion avec le Backpacker Car World n’aboutissait pas et qu’ils venaient à s’en saisir, cela déboucherait sûrement sur un remboursement au bout de six semaines de procédures. Six semaines c’est ridiculement court par rapport à ce qu’on peut connaître en France mais long par rapport à la durée d’un voyage.

La tentative de discussion avec Martin n’aboutit pas dans un premier temps. (A noter que je n’ai jamais réussi à obtenir le nom de famille du dit Martin). En repartant de cette tentative de dialogue infructueuse, j’ai une panne sèche à la sortie de la motorway au niveau de Green Lane. C’est l’heure de la sortie des bureaux et la circulation est dense. Mais les dégâts se limiteront à la formation d’un bon “traffic jam” sur la bretelle de sortie. La Toyota Estima est, elle, clairement morte.


(Le point rouge indique sur le plan l’endroit du décès de la voiture et du splendide bouchon qui s’en suivit. )

A l’heure actuelle, j’attends que le Backpacker Car World réponde à ma demande de remboursement intégral, incluant non seulement le remboursement de l’achat mais aussi de tous les frais liés : du coût des deux inspections mécaniques à la dépanneuse en passant par les frais d’enregistrement légal. Et s’ils ne le font pas, ce seront les instances juridiques qui se chargeront de leur tirer les oreilles.

 

En guise de dommages et intérêts, j'exige d'obtenir le poids du monospace en cacahuètes au wasabi. (photo : cc-by-sa Elissa)

Et en guise de dommages et intérêts, j’exige d’obtenir le poids du monospace en cacahuètes au wasabi. (photo : cc-by-sa Elissa)

Amis voyageurs, amies voyageuses, fuyez le carmarket Backpacker Car World du 19 East Street à Auckland.
Cette mésaventure est due au mieux à de la négligence, au pire à de la malhonnêteté. Dans les deux cas le Backpacker Car World et K Road Motors m’ont vendu un véhicule dangereux alors qu’ils avaient manifestement les moyens de connaître son mauvais état général et l’obligation légale de ne pas le vendre dans ces conditions.

Un grand merci à tous ceux qui m’ont donné un grand ou petit coup de main. Je pense particulièrement à Julia et Ian qui ont été aux petits soins avec moi depuis mon arrivée, à Sébastien qui m’aide à monter le dossier pour le tribunal mais aussi à l’illustre inconnu qui m’a aidé à expliquer à la police à quel endroit la voiture était tombée en panne.

Précision : cet article concerne uniquement le carmarket Backpacker Car World d’Auckland et non celui de Christchurch.

Ajout du 12 novembre :
Il semblerait que ce lieu ait fait l’objet d’une enquête par l’émission Fair Go en février 2012
Certaines choses ont l’air d’avoir changé depuis (protagonistes, couleurs des bâtiments, etc.) mais les similitudes entre ce qui s’est passé avec moi et avec le couple israélien sautent aux yeux.