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Comment je me suis faite arnarquer par le Backpacker Car World d’Auckland

Mise à jour de février 2014 :
Après plusieurs mois de bataille acharnée, Backpacker Car World a finalement consenti à me rembourser intégralement. Fin de l’histoire pour moi, a priori. Pour eux, je ne sais pas.

Quelques nouvelles après un mois et une semaine en Nouvelle-Zélande.
Je suis bien arrivée, ai vu plein de chouettes trucs et surtout rencontré des gens géniaux. Mais voilà, les choses ne se passent pas comme prévu et je suis à l’heure actuelle toujours à Auckland, bien occupée. La faute à une mésaventure dont je me serais bien passée.

Comme beaucoup de français(e)s arrivant en Nouvelle-Zélande avec un visa vacances-travail, j’avais envie de faire le tour de l’archipel de façon autonome, en van. J’ai atteri à Auckland début octobre et les recherches ont immédiatement commencé. Objectif : trouver un véhicule pas trop cher, fiable et disponible rapidement.
Mais à cette période de l’année les prix s’envolent. Les vendeurs, qu’ils soient professionnels ou particuliers, savent que la demande est particulièrement forte et que les voyageurs n’hésitent pas à dépenser pas mal d’argent pour avoir leur propre van.

Le Backpacker Car World d’Auckland est un carmarket situé à côté de K’Road, au 19 East Street. Il bénéficie d’une large publicité dans la plupart des auberges de la ville et attire une clientèle souvent jeune, étrangère, qui a envie de partir en road-trip vite fait bien fait. Ce carmarket propose aussi d’autres services pour faciliter la vie des backpackers (assurances, prise en charge des formalités, etc.).

Le logo du car market "Backpacker Car World"

Le logo du car market « Backpacker Car World »

Comme d’autres avant moi, après avoir vu un certain nombre de vans de particuliers me passer sous le nez je me suis décidée à aller y faire un tour.  Rapidement on se rend compte qu’au 19 East Street la plupart des véhicules sont vendus bien plus cher que leur valeur réelle. Mais on se dit qu’on pourra toujours négocier le moment venu. L’affluence constante de potentiels acheteurs rassure un peu; l’endroit semble connu et attire du monde.
Au milieu des voitures et campervans garés à la vas-y comme je te pousse, je trouve une Toyota Estima (grand monospace) de 1992. Le compteur affiche 250000 kms, ce qui est énorme pour les yeux d’une française bien que courant en Nouvelle-Zélande. De plus la voiture est vendue avec à peine le minimum pour vivre dedans (support pour le matelas, literie basique et puis c’est tout). Le prix est donc très supérieur à ce que je suis prête à payer pour un tel véhicule ; il sera toujours temps de le discuter plus tard. L’Etisma a passé le contrôle du WOF (warrant of fitness) récemment ce qui est de bonne augure. Un rapide tour du quartier à son bord ne révèle rien de d’inquiétant.

Avant de passer à l’achat, je demande tout de même qu’il passe un “mechanical inspection” chez un garagiste pour connaître son état réel. C’est une pratique fréquente et conseillée avant une transaction et elle permet normalement d’éviter les mauvaises surprises. Il se trouve que le carmarket est directement adossé à un garage, K Road motors, à tel point qu’il est difficile d’identifier quel espace appartient quelle entreprise (on pourrait même croire qu’il ne s’agit d’une seule et même boîte, ce qui est loin d’être anodin). Pour plus de facilités le vendeur du Backpacker Car World me propose d’y faire faire le checking – pour 160$, un prix très élevé pour le marché – en me montrant une grille de contrôle qui a l’air assez exhaustive. Ne connaissant pas d’autre garagiste à Auckland j’accepte le deal.

Deux jours plus tard, l’inspection mécanique révèle un certains nombre de problèmes, certains importants (problèmes d’axes, de suspension, fuites diverses) et d’autres plus secondaires. Étonnant pour un véhicule qui a un WOF valide jusqu’en février 2014.

Un ami plus calé que moi en mécanique, me dit que si ces avaries sont réparées le véhicule pourra “faire le job”. Martin, le gérant du carmarket, précise qu’ils ont l’obligation légale de réparer ce qui est critique avant la vente, maintenant qu’ils en ont connaissance. Je négocie le prix de vente à 3900$ (contre les 4300$ absurdes initialement demandés) et Martin me dit que le coût des réparations sera compris dedans. Je verse un acompte et il me téléphonera dès que la voiture sera disponible, d’ici environ une semaine.

La Toyota chez le garagiste, théoriquement en cours de réparation.

La Toyota chez le garagiste KRd Motor, théoriquement en cours de réparation.

Après avoir attendu dix jours, je téléphone au Backpacker Car World. On me dit que le véhicule est prêt. Je verse en deux fois le prix restant à payer et fais les démarches pour le mettre en conformité avec la loi (changement de propriétaire, etc.) et je pars au volant de mon monospace fraîchement acquis.

Les problèmes sont apparus dans les 24 heures qui ont suivis. Problèmes de parallélismes et de suspension sur la route, le pot d’échappement qui fume, des difficultés à repartir après s’être garée dans l’herbe, la fenêtre côté conducteur qui rend l’âme, les serrures qui sont très difficiles, la fermeture centralisée HS, etc.

Sur le conseil d’une amie je fais passer à la Toyota un second contrôle à un garage qui a sa confiance. Après une inspection approfondie (pour 80$ seulement) le bilan fait apparaître que la plupart des réparations annoncées par Backpacker Car Wolrd et Krd Motors n’ont pas été effectuées, notamment parce que certains problèmes n’étaient tout simplement pas réparables. Ce que ni Martin de Backpacker Car World ni Krd Motors ne m’ont jamais dit.
En sus, il y a d’autres problèmes importants qui n’ont pas été notifiés par Krd Motors. Logan, le garagiste de ce contre-contrôle, dit que le véhicule n’aurait jamais du avoir le WOF et qu’il ne faut pas hésiter à en avertir le New Zealand Transport Agency (n° : 0800 699 000). Il me conseille de demander un remboursement pur et simple à Martin du carmarket et de commencer par un coup de fil  au Motor Vehicle Disputes Tribunal (n° : 0800 367 6838).
L’un des bons côtés de la Nouvelle-Zélande c’est d’avoir des institutions spécialisées sur ce type de contentieux. Institutions qui ont de surcroît la réputation d’être rapides. La personne du tribunal jointe au téléphone a dit que la situation est relativement claire pour eux et qu’on peut espérer que, si la discussion avec le Backpacker Car World n’aboutissait pas et qu’ils venaient à s’en saisir, cela déboucherait sûrement sur un remboursement au bout de six semaines de procédures. Six semaines c’est ridiculement court par rapport à ce qu’on peut connaître en France mais long par rapport à la durée d’un voyage.

La tentative de discussion avec Martin n’aboutit pas dans un premier temps. (A noter que je n’ai jamais réussi à obtenir le nom de famille du dit Martin). En repartant de cette tentative de dialogue infructueuse, j’ai une panne sèche à la sortie de la motorway au niveau de Green Lane. C’est l’heure de la sortie des bureaux et la circulation est dense. Mais les dégâts se limiteront à la formation d’un bon “traffic jam” sur la bretelle de sortie. La Toyota Estima est, elle, clairement morte.


(Le point rouge indique sur le plan l’endroit du décès de la voiture et du splendide bouchon qui s’en suivit. )

A l’heure actuelle, j’attends que le Backpacker Car World réponde à ma demande de remboursement intégral, incluant non seulement le remboursement de l’achat mais aussi de tous les frais liés : du coût des deux inspections mécaniques à la dépanneuse en passant par les frais d’enregistrement légal. Et s’ils ne le font pas, ce seront les instances juridiques qui se chargeront de leur tirer les oreilles.

 

En guise de dommages et intérêts, j'exige d'obtenir le poids du monospace en cacahuètes au wasabi. (photo : cc-by-sa Elissa)

Et en guise de dommages et intérêts, j’exige d’obtenir le poids du monospace en cacahuètes au wasabi. (photo : cc-by-sa Elissa)

Amis voyageurs, amies voyageuses, fuyez le carmarket Backpacker Car World du 19 East Street à Auckland.
Cette mésaventure est due au mieux à de la négligence, au pire à de la malhonnêteté. Dans les deux cas le Backpacker Car World et K Road Motors m’ont vendu un véhicule dangereux alors qu’ils avaient manifestement les moyens de connaître son mauvais état général et l’obligation légale de ne pas le vendre dans ces conditions.

Un grand merci à tous ceux qui m’ont donné un grand ou petit coup de main. Je pense particulièrement à Julia et Ian qui ont été aux petits soins avec moi depuis mon arrivée, à Sébastien qui m’aide à monter le dossier pour le tribunal mais aussi à l’illustre inconnu qui m’a aidé à expliquer à la police à quel endroit la voiture était tombée en panne.

Précision : cet article concerne uniquement le carmarket Backpacker Car World d’Auckland et non celui de Christchurch.

Ajout du 12 novembre :
Il semblerait que ce lieu ait fait l’objet d’une enquête par l’émission Fair Go en février 2012
Certaines choses ont l’air d’avoir changé depuis (protagonistes, couleurs des bâtiments, etc.) mais les similitudes entre ce qui s’est passé avec moi et avec le couple israélien sautent aux yeux.

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Douze kilos de bonheur et quelques brouettes

C’est parti.
Après le faux départ du 14 juillet dernier, avec un premier billet qui a mystérieusement disparu dans la nature, j’attaque enfin le blog. Il manque ici et là des machins et des bidules (cartes interactives, vidéos, etc.) qui feront peut-être leur apparition quand je n’aurai rien de mieux à faire. Autrement dit, je ne m’engage pas.

Passons à du concret. Aujourd’hui, le sac.
Initialement je voulais publier ce billet avant de partir. Mais vous savez ce que c’est, il y a toujours trente-six raisons de procrastiner au dernier moment. Comparer et re-comparer des assurances-voyages (indispensable à l’obtention du visa), des questions de banque qui prennent plus de temps que prévu (et pour certaines toujours pas résolues), détails à éclaircir avec l’immigration kiwi, etc. Des broutilles vous dis-je.

Ceux qui ont suivi mes neuf mois de préparation d’avant départ et tout ceux qui bourlinguent régulièrement encore davantage, savent à quel point la question du sac fut/est centrale quand on ne connaît pas la durée exacte du voyage. Un sac c’est un peu la maison du voyageur, à la différence qu’elle est sur son dos. Or, lorsqu’on n’atteint pas les soixante kilos même toute mouillée et qu’on plafonne à 1m65, le choix de ce qu’il est indispensable d’embarquer est crucial. Une bonne maîtrise et une bonne répartition de la charge sont également nécessaires sous peine de finir rapidement bloquée du dos. Bonr : les séances de kiné chez les kiwis sont mal prises en charge par la plupart des assurances de voyage. J’ai donc jeté mon dévolu sur un sac Deuter 55+10, dont je suis pour l’instant totalement amoureuse. (Rendez-vous dans quelques semaines/mois pour voir si c’était en réalité une idylle passagère ou bien le début d’une relation longue et fusionnelle).

Mon objectif était de ne pas dépasser les quatorze kilos et si possible de rester sous la barre des treize kilos. Mon visa pour la Nouvelle-Zélande étant de douze mois, j’aurai largement le temps d’exploser cette limite pondérale ainsi que les sangles du sac. Rien ne sert de courir, surtout avec sa maison sur le dos.

Dans mon sac, avant le départ de Grenoble, il y avait : des chaussettes diverses et variées, des t-shirts en merino ou anti-UV, deux objectifs d’appareil photo, un couteau suisse, une poche à eau d’un litre, un jeu de société qui ne nécessite pas de savoir parler français, un drap en soie, une pharmacie pleine à craquer, un raton laveur, une polaire hyper compactable, un Gépalémo (merci Pierre et Guillaume), une moustiquaire (imprégnée par mes soins et par un répulsif). Etc.

Contenu du sac, avant le départ

Bref, du beau bordel.

Et c’est ainsi que le 12 septembre à 10h et quelques, la balance de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle indiquait glorieusement :

12 kilos

Ta-daaam !

Alors que je dissertais crânement de l’art de faire un sac léger et complet avec la personne chargée d’enregistrer mon bagage, Charline a objecté qu’elle était peut-être détraquée. La balance. Et elle (Charline) ajoute aujourd’hui : « Sachant que tout le poids [matos photo, ordi, bouquins] était dans les bagages de cabine, dont le mien, hein, ça m’étonne pas qu’il fasse seulement douze kilos…« .

Comme dirait Boulet, « Lourd est le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de nos illusions« .